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13 A l’opposé de la pensée catastrophiste, et pour cela même radicale, de la précaution, l’école prudentielle est bien plutôt taillée à la mesure du ventre mou du risque quotidien. Rien n’illustre mieux l’école prudentielle de la précaution que ce texte de celui qui en est le chantre, Philippe Kourilsky: «Au total, ce n’est pas un jeu de mots d’affirmer que le principe de précaution doit gouverner la mise en œuvre de la précaution. Cette apparente tautologie traduit le fait que, tout comme la prévention, la précaution est fille de la . Celle-ci s’impose aux acteurs publics et privés, dès lors que leurs décisions présentent des risques potentiels ou avérés. La prudence implique de réfléchir à la portée et aux conséquences de ses actes et de prendre des dispositions pour éviter de causer des dommages à autrui. Inscrit dans le cadre de la prudence, le principe de précaution exprime la demande sociale d’une diminution des risques (…) Les convergences entre précaution, prévention et prudence pourraient justifier que l’on remplaçât le principe de précaution par un qui engloberait précaution et prévention» 29 .

14 Malgré son unité nominale avec une notion bien connue dans la philosophie classique, la prudence, même définie de façon si englobante, n’a que peu à voir avec la prudence ou telle qu’Aristote en a élaboré le concept. Pour Aristote et ses héritiers, la prudence est avant tout une , et une vertu intellectuelle, c’est-à-dire une certaine disposition à agir accompagnée, dit-il, d’une règle vraie 30 ; la prudence est donc la vertu qui dispose au choix d’un critère (ou règle; c’est pourquoi c’est une vertu ) d’action (c’est pourquoi c’est une disposition ) dans le contexte d’un savoir portant sur le contingent (non pas sur ce qui est bien ou mal en soi, mais sur ce qui est bien ou mal ). Ce qui entre autres choses distingue foncièrement cette prudence classique de la prudence moderne, c’est que la prudence aristotélicienne est étrangère à toute notion de calcul des conséquences; elle est avant tout une qui s’incarne dans le personnage du qui pour cette raison même a valeur d’exemple pour la communauté. Agir bien ou mal des circonstances données, c’est pour le agir non en fonction de conséquences calculables, mais en fonction de sa connaissance de la nature humaine à laquelle il a, en tant que précisément, un accès privilégié. Son savoir n’est pas théorique au sens de la science du général, mais pratique, au sens d’une connaissance indissolublement liée à l’ici et au maintenant. La bonté de l’acte ne dépend en rien de ses conséquences, mais de son adéquation, dans sa singularité présente, à ce que le sait être valeureux.

15 On voit ainsi par contraste que le paradigme de la prudence moderne est tout entier gouverné par le modèle scientiste du calcul des conséquences. Il est donc quelque peu trompeur de faire de la précaution la fille de la prudence; il serait plus rigoureux d’en faire le dernier rejeton du conséquencialisme, et la cousine germaine de la théorie du choix rationnel – deux filiations qu’illustre au demeurant la version catastrophiste de la précaution. Mais quoi qu’il en soit de ces problèmes de pedigree, on voit que situer ainsi le principe de précaution tout entier dans le champ de la prudence ne fait guère que brouiller les cartes conceptuelles: car dans cette injonction de prudence généralisée, précaution, prévention et prudence sont rendues équivalentes; et si la précaution-prudence «implique de réfléchir à la portée et aux conséquences de ses actes et de prendre ses dispositions pour éviter de causer des dommages à autrui», alors elle n’est qu’une version molle et abâtardie de ce que n’importe quelle éthique libérale baptise depuis Max Weber du nom d’»éthique de la responsabilité». Point n’est besoin pour cela de mobiliser la batterie conceptuelle de la précaution.

24 Cet exotisme musical qui prétend aujourd’hui à l’authenticité (de la musique; des «rencontres») répond sans nul doute à une demande. En même temps que les sociétés occidentales plongeaient dans une crise économique et morale que Marc Augé (1994) diagnostique comme une crise de «surmodernité» 14 , la pop et le rock occidentaux se banalisaient et s’asséchaient; ils ne parvenaient plus à surprendre, à faire rêver des auditoires en mal d’espoir. Cette crise morale, cette crise d’inspiration musicale ont suscité l’attente d’une régénération qui viendrait d’ailleurs 15 . Les années 1980 ont vu se multiplier les efforts pour répondre à cette demande, qu’il s’agisse de voyages, de revues, de programmes et de chaînes de télévision, de nourriture (Turgeon 2003) ou d’ameublement. Les «musiques du monde» en ont constitué le fond sonore et ont ouvert un champ où pillage et création se côtoient.

25 Côté pillage, les échantillonneurs, les synthétiseurs et les programmes midi ont permis que soient manipulées en studio toutes sortes de musiques, à l’insu de leurs créateurs et sans que ceux-ci touchent le moindre des droits qui auraient dû leur être versés. Selon Steven Feld, les séquences musicales prises dans des enregistrements de musiques pygmées et intégrées dans des disques de pop music ont rapporté plusieurs millions de dollars, sans que des Pygmées en bénéficient si peu que ce soit (Feld 1996). De la même manière, Deep Forest pirata en 1992 une chanson des îles Salomon pour un disque qui se vendit à plus de quatre millions d’exemplaires, sans que son interprète initial ne touche un sou (Feld 2000 et 2004). De Madonna à Manu Chao, quelle que soit l’orientation idéologique de l’artiste, il est devenu courant de se servir librement dans le stock des musiques enregistrées, en profitant des lacunes d’un droit international qui ne protège guère les artistes appartenant à des sociétés où la notion de propriété artistique était, naguère encore, inconnue.

26 D’un autre côté, les connections établies ou intensifiées par la , les réseaux de promotion et de diffusion qu’elle a mis en place peuvent également bénéficier à des artistes inventifs, du «Nord» comme du «Sud». Les produits étiquetés «musiques du monde» sont en effet colportés dans les réseaux commerciaux qui facilitent la circulation des musiques. Ils participent donc, comme le jazz, le reggae, le rap, etc., aux processus contemporains d’échange et de création qui font que des genres musicaux sont mis en circulation mondiale, font l’objet d’une appropriation locale en un certain nombre de points du globe, sont utilisés à des créations locales originales dont beaucoup sont ensuite elles aussi mises en circulation mondiale… 16

27 Ainsi, la mode des «musiques du monde» a permis une diffusion plus large de certains enregistrements ethnomusicologiques, accompagnés de savoirs sérieux sur les sociétés où ils ont été réalisés; elle a favorisé une meilleure connaissance des musiques créoles d’hier et d’aujourd’hui; elle a stimulé l’invention de musiques nouvelles reflétant le parcours de migrants (raï, bhangra); elle a fourni les moyens de la création à des artistes en recherche, qui mêlent genres et styles musicaux d’origines très diverses 17 .

28 Ce survol des «musiques du monde» en tant que phénomène social suggère qu’elles relèvent pleinement des mutations des sociétés contemporaines et, d’une certaine manière, les expriment. Elles existent par les flux transnationaux qui trament aujourd’hui le monde (Badie Smouts 1994); elles sont mises en vente sur un marché où elles répondent à une demande d’exotisme de type nouveau causée par l’insatisfaction que trouvent beaucoup à vivre dans les sociétés dites «développées» d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie. Dans ces conditions, les «musiques du monde» soulèvent des questions qui sont au cœur des changements que connaissent ces sociétés: qu’est-ce que la différence? La différence est-elle un droit, et dans quelle mesure? Comment faire coexister les différences?

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